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Il FAUT STOPPER L'INCLUSION SCOLAIRE "SAUVAGE"    pour rendre leurs droits aux enfants handicapés.

Nous sommes parents d’enfants handicapés, enseignants spécialisés dans le suivi du handicap, directeurs d’établissement spécialisé, personnels de santé, personnels de l’action sociale...
 
Nous sommes signataires du « Manifeste pour la reconquête d’une école qui instruise ».
Parents, nous sommes attachés à ce que nos enfants puissent s’instruire et trouver leur place dans la société, qu’ils bénéficient donc de toute l’aide nécessaire adaptée à leurs besoins.
 
Enseignants, éducateurs, médecins…, nous avons voué notre activité professionnelle à l’accompagnement des enfants handicapés, pour certains d’entre nous depuis 20 ans et plus. Nous combattons au quotidien pour que leurs droits soient respectés, pour qu’ils reçoivent une aide spécialisée, hautement qualifiée, qu’elle soit pédagogique, éducative ou médicale, condition d’une intégration réelle. 
 
Les uns et les autres, les uns avec les autres nous avons l’ambition de permettre à chaque enfant, à chaque adulte handicapé d’accéder à la plus grande autonomie possible.
 
Depuis la loi Montchamp de 2005 et son principe d’intégration des élèves handicapés dans les classes ordinaires, nous faisons le constat que la situation de ces enfants, de nos enfants s’est nettement dégradée. Cette situation s’est encore aggravée avec la mise en oeuvre de la Refondation de l’école de 2013, loi promulguée après son adoption par les parlementaires PS, PC, Front de Gauche et Europe Ecologie les Verts, loi qui a imposé le principe de « l’école inclusive ».
 
La loi de 2005, la Refondation de l’École et les directives de l’Union européenne,
sources de la destruction de l’enseignement spécialisé.
 
Ces lois et en particulier la loi de Refondation de l’école imposant l’intégration puis l’inclusion scolaire sont issues des traités d’Amsterdam (1997) et de Nice (2000) de l’Union Européenne ainsi que de la Convention internationale des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (adoptée par l’ONU en décembre 2006 et signée en mars 2007), et notamment son article 24 : « Les États Parties reconnaissent le droit des personnes handicapées à l’éducation. En vue d’assurer l’exercice de ce droit sans discrimination et sur la base de l’égalité des chances, les États Parties font en sorte que le système éducatif pourvoie à l’insertion scolaire à tous les niveaux et offre, tout au long de la vie, des possibilités d’éducation… ».
 
La déclaration de Salamanque, adoptée par simple acclamation le 10 juin 1994, incite à passer de l’éducation traditionnelle dite « spéciale » pour des élèves handicapés à une éducation inclusive pour des enfants considérés comme ayant des « besoins éducatifs particuliers » mais sans que soient mis en place les adaptations nécessaires : l’État n’est donc pas pourvoyeur de l’insertion scolaire mais bien démissionnaire.
 
Depuis 2005 et avec le principe de l’inclusion scolaire, c’est un fait : les RASED (réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficultés) sont remis en cause, les structures spécialisées ferment les unes après les autres, les établissements spécialisés sont menacés de disparition. Le nombre d’enseignants spécialisés est en chute libre, la formation spécialisée des enseignants elle-même est en voie de disparition avec le nouveau CAPPEI (certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive) qui supprime les différentes options correspondantes aux différents types de handicaps des élèves. En fusionnant ces différentes spécialisations, l’État ne forme plus d’enseignants spécialisés. 
 
Ainsi, trop d’élèves sont orientés de manière totalement inadaptée, en particulier vers des ULIS (Unité Localisées pour l’Inclusion Scolaire) alors qu’ils relèvent d’un IME (Institut Médico-Educatif), voire de structures plus spécialisées. Et quand ils sont orientés vers les ULIS, c’est souvent sans tenir compte de la spécificité de leur handicap.
 
Ainsi, des milliers de familles sont contraintes d’inscrire leur enfant, leur jeune adulte handicapé dans des établissements à l’étranger, souvent en Belgique (au moins 20 000 en 2014 selon le Figaro du 07 11 2014).
 
Inclusion n’est pas intégration
 
Derrière les annonces hypocrites « d’égalité des droits et des chances », se cache un véritable retour en arrière. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, se sont développées progressivement, en relation avec la création de la Sécurité sociale, des structures spécialisées publiques ouvrant le droit à tous ces enfants d’être accompagnés, en fonction de la nature et du degré de leur handicap et de s’intégrer au mieux dans la société. Le principe de l’inclusion systématique dans des classes ordinaires est une négation des besoins particuliers de ces enfants qui sont littéralement « abandonnés » dans des classes ordinaires face à des maîtres non formés et désemparés, malgré leur bonne volonté.
 
L’instruction véritable et émancipatrice est celle qui permet à tout élève de s’accomplir selon ses possibilités, et cela quelles que soient les conditions (sociales, intellectuelles, physiques) des élèves. L’école de l’inclusion, conforme à la politique budgétaire de régression sociale et d’austérité, bafoue ce principe.
 
A l’inverse ce dont ont besoin les enfants handicapés c’est d’une école de l’intégration : en partenariat avec des écoles ou des services spécialisés pour les enfants (ou adultes) handicapés, que soit créée au sein de chaque école de quartier une classe à petits effectifs que les élèves qui en dépendent pourraient quitter quelques heures par semaine pour intégrer une classe « ordinaire » ou, pour les élèves qui en ont les capacités et avec le suivi de professionnels ayant les qualifications requises, aller en intégration totale en fonction de la situation jugée la plus bénéfique par les enseignants, les encadrants, les personnels de santé. Une telle école serait intègre à l’égard des élèves : pas une inclusion abusive et forcée, administrative, mais une
intégration adaptée, pensée, travaillée, responsable... Pas une école culpabilisante qui cristallise le regard sur le handicap, mais une école qui propose à chaque enfant une scolarité adaptée respectueuse des difficultés et du degré du handicap avec des places suffisantes en établissements spécialisés, des classes spécialisées à effectif réduit au sein des écoles et des maîtres spécialisés, formés. Une école libérée de la contrainte budgétaire, libérée du carcan de l’austérité et des directives européennes.
 
Nous ne nous y trompons pas : l’inclusion sauvage c’est l’exclusion qui conduit à ostraciser l’enfant handicapé et à culpabiliser l’enseignant qui n’a pas les moyens de répondre aux demandes de celui-ci.
 
Les adultes handicapés 
soumis à l’exploitation capitaliste
 
Aujourd’hui en vertu de ce principe destructeur la nouvelle secrétaire d’État Sophie Cluzel (La République en Marche) prétend imposer le principe d’inclusion aux adultes handicapés. Ce qui aurait pour conséquence de leur imposer de travailler en entreprise sans protection particulière face à la voracité patronale contrairement à la situation actuelle dans les ESAT (établissement et service d’aide par le travail) et les CAT (centre d’aide par le travail).
 
Les adultes handicapés devraient être soumis à l’exploitation capitaliste, eux que la loi avait extraits de cette exploitation, pour mieux les protéger. Ainsi l’article 167 du Code de la famille et de l’aide sociale précise : « Les centres d’aide par le travail, comportant ou non un foyer d’hébergement, offrent aux adolescents et adultes handicapés, qui ne peuvent, momentanément ou durablement, travailler ni dans les entreprises ordinaires ni dans un atelier protégé ou pour le compte d’un centre de distribution de travail à domicile ni exercer une activité professionnelle indépendante, des possibilités d’activités diverses à caractère professionnel, un soutien médico-social et éducatif et un milieu de vie favorisant leur épanouissement personnel et leur intégration
sociale. »
 
Les politiques d’austérité 
contre les droits des enfants handicapés
 
Chacun comprend que la logique de l’inclusion c’est la logique des politiques d’austérité destructrices de tous les droits de la classe ouvrière. La scolarité annuelle d’un enfant dans un établissement spécialisé revient à 25 000 € en moyenne pour 7 000 € dans une classe ordinaire.
 
Nous affirmons qu’il doit être mis fin au principe de l’inclusion scolaire qui abandonne les élèves handicapés ou en grande difficulté dans les classes ordinaires sans suivi adapté et de qualité.
 
Nous affirmons que les structures spécialisées et les enseignants spécialisés et des personnels de santé sont indispensables pour permettre à chaque enfant handicapé de recevoir l’enseignement et les soins spécialisés adaptés au degré et à la nature de son handicap, lui permettant de progresser et de s’intégrer.
 
Reconquérir une école qui instruise
nécessite également de reconquérir l’enseignement spécialisé
avec ses maîtres spécialisés et ses structures spécifiques. ...
 
 

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