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Deuxième Rencontre nationale

du Manifeste pour la reconquête d’une école qui instruise

Samedi 14 octobre 2017 - 14h à 17h

Théâtre Toursky,  salle Léo Ferré 

16, promenade Léo Ferré - 13003 Marseille

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Depuis notre première Rencontre nationale en novembre 2016 à Paris,  nous avons poursuivi l’implantation du Manifeste dans les départements.

Les mesures du gouvernement Macron et de son ministre de l’Éduction Nationale, Jean-Michel Blanquer, poursuivent en les aggravant les mesures de leurs prédécesseurs et jamais l’Ecole publique n’a été autant menacée, autant soumise aux exigences extérieures.

Ils entendent par exemple :

- renforcer la régionalisation de l’Education nationale,

- donner une plus grande autonomie aux établissements dans tous les domaines, y compris le recrutement des enseignants par le chef d’établissement,  

- laisser les collectivités territoriales décider de l’organisation du temps scolaire à l’école primaire,  avec possibilité de revenir sur la réforme des rythmes scolaires, et avancer vers une école plus ouverte aux parents, aux bénévoles et aux associations

- poursuivre l’école inclusive, c’est-à-dire l’intégration des élèves en situation de handicap dans les classes ordinaires, sans tenir compte de leurs besoins spécifiques. A ce sujet, des signataires ont pris l’initiative d’un appel contre «  l’inclusion sauvage », joint à ce message et dont nous discuterons lors de la rencontre.

- détruire les diplômes nationaux, en commençant par le bac et instaurer la sélection à l’entrée en université après celle en entrée en master de 2016.

Début août, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, a annoncé la suppression de 160 000 « contrats aidés », « extrêmement coûteux pour la nation » ! Salariés précaires embauchés pour ne pas créer  d’emplois statutaires, payés une misère, ils sont aujourd’hui jetés à la rue. Leur suppression remet en cause le fonctionnement des établissements et la sécurité des élèves : Sans eux, qui assurera l’aide à la direction, la fonction d’ATSEM, la cantine ou les TAP dans les écoles, la surveillance dans les collèges et lycées… ? D’une commune à l’autre, d’une école à l’autre les inégalités de situation vont immanquablement se renforcer.

Ça suffit ! organisons-nous contre la casse de l’école !

L’alternative posée dans le manifeste: « ou bien une école qui transmet les connaissances ou bien une école des compétences et de la déqualification » est plus que jamais d’actualité.

Le combat pour une école nationale et laïque, une école de la transmission des savoirs dont découlent les compétences, une école qui délivre des diplômes nationaux et qui a les moyens de fonctionner est plus que jamais d’actualité.

Regrouper tous ceux qui veulent, quel que soit leur engagement par ailleurs, s’organiser pour en finir avec la destruction/territorialisation/privatisation de l’école publique et laïque est plus que jamais d’actualité.

Nous vous invitons à prendre connaissance du  « Manifeste pour la reconquête d’une école qui instruise » et à participer à la seconde Rencontre nationale à Marseille le 14 octobre.

Parmi les invités : Richard Martin (directeur du Toursky), Yvan Romeuf (acteur, metteur en scène, syndicaliste), Béatrice Hermesdorf (parente d’élève,  LEPI, AFPEAH …), Laure Beyret (enseignante spécialisée, syndicaliste), Lorenzo Varaldo, enseignant syndicaliste italien, auteur de "La Scuola rovesciata". La parole sera donnée à la salle également.


Le 11 septembre 2017, le secrétariat national d'animation..

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Sommaire du bulletin N°6 :

- L'invitation à la deuxième rencontre nationale. 
- Une contribution du secrétariat d'animation sur l'actualité du manifeste.
- L'appel "Il faut stopper l'inclusion scolaire sauvage pour rendre leurs droits aux enfants handicapés".
- Quelques éléments de préparation dans les départements de cette deuxième rencontre nationale.
 
 
N'hésitez pas à nous envoyer vos remarques et contributions, à nous faire part de votre souhait de participer à cette deuxième  rencontre, ouverte à tous les signataires  (manifestecole@gmail.com)
 
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Texte adopté par les 136 participants à la 1ère rencontre nationale du 12 nov. 2016

Briser le consensus pour combattre l’effondrement en cours

Une étude officielle du ministère de l’éducation établit l’effondrement en cours du système éducatif.   En atteste la baisse dramatique des résultats en orthographe –les plus faciles à quantifier – depuis 1987.

En 2015, sur une dictée de 10 lignes un élève de CM2 fait en moyenne 17,8 erreurs alors que  sur la même épreuve la moyenne était de  14,3 en 2007 et 10,6 fautes en 1987.

Il est révoltant de constater que ce sont les élèves les plus faibles qui sont les plus touchés puisque ceux qui font 25 erreurs et plus sont en 2015 19.8% d’une cohorte,  alors qu’ils n’étaient que 5.4 % en 1987.

N’en doutons pas, d’autres études, portant sur d’autres domaines et d’autres niveaux d’enseignement, parviendraient aux mêmes résultats.

 

Une conclusion s’impose. Un effondrement est en cours.

Pourtant  la ministre de l’éducation nationale, madame Najat Vallaud Belkacem  oser déclarer le 9 novembre : « C’est en nous appuyant sur ces progrès que nous remédions à la situation catastrophique dans laquelle se trouve la maîtrise de la langue française ces dernières années."

Selon la ministre tout va mieux ! Elle déclare même « Que l’on cesse ces réformettes à la marge qui n’abordent jamais le problème de front. Que l’on cesse de ne s’intéresser uniquement qu’à la question des horaires : si l’enseignement n’est pas efficace, peu importe que vous y consacriez 20h ou 35h ! Ce sera vain. »

Pour la ministre il faudrait donc aller encore plus loin et plus fort dans la voie des contre réformes destructrices de l’école publique et du droit à l’instruction pour tous.

La réforme du collège qui supprime  jusqu’à 4 heures et demi de cours par semaine  en classe en troisième,  la réforme des rythmes  scolaires qui introduit la confusion entre temps  scolaire et périscolaire  et réduit le temps d’instruction ne suffiraient donc pas !

Qu’est-ce qui permet à la ministre, à tous les ministres depuis des décennies de poursuivre leur œuvre de destruction si ce n’est le consensus institutionnel auquel nous avons été confrontés lors des mobilisations pour l’abandon de la réforme des rythmes scolaire, de la réforme  du collège, des enseignants du supérieur contre la loi LRU qui organise la concurrence entre les universités …

Consensus revendiqué par La ministre qui déclare : "Consensus n’est donc pas un gros mot. Ce n’est pas une compromission. C’est un mot qui vient du latin, et qui signifie tout simplement "accord". ….Oui, je souhaite qu’au consensus scientifique corresponde un consensus politique. « 

Consensus auquel sont à nouveau confrontés les étudiants qui s’opposent à la sélection à l’entrée du master.

Le 26 octobre 2016 a été adoptée en première lecture au Sénat une  proposition de loi, sans qu’aucun parlementaire ne vote contre.  Que dit cette proposition de loi ? « Les établissements peuvent fixer des capacités d’accueil pour l’accès à la première année du deuxième cycle. L’admission est alors subordonnée au succès à un concours ou à l’examen du dossier du candidat. » (Art 1, alinéa 1)

« Fixer des capacités d’accueil » c’est instaurer la sélection,  c’est interdire à des milliers de jeunes étudiants, qui ont pourtant réussi leur licence, de poursuivre leurs études pour respecter  les « capacités d’accueil »  fixées par les restrictions budgétaires.

Un consensus qui vient de loin.

Un consensus auquel nous nous heurtons en permanence  : de l’appel de Bobigny  qui remplace le droit à l’instruction  par  un « Droit à l’éducation, pour chacun et pour tous dans l’équité » en passant par a loi Peillon de refondation de l’école adoptée le 8 juillet 2013 avec les voix des groupes parlementaires PS, PCF-Front de gauche , Europe Ecologie-Les Verts  et sans que les parlementaires de l’opposition n’aient saisi le conseil constitutionnel, jusqu’aux  directives de  l’Union européenne  qui  fixent  pour but à l’éducation  la transmission de comportements  comme «  l’esprit d’entreprise »   et  vante  les mérites de « l’éducation informelle », en dehors de l’école.

Au moment où se met en place la loi travail promulguée le 8 aout 2016 malgré l’opposition, par la  grève et la manifestation, de millions de salariés,  nous , enseignants, chercheurs, parents, syndicalistes, citoyens, réunis à Paris le 12 novembre autour du Manifeste pour la reconquête d’une école qui instruise,  jugeons nécessaire de  nous  regrouper sur les principes qui suivent.

Au moment où les plus grands dangers menacent l’école  publique et laïque, fondée par Jules Ferry, héritière des principes de Condorcet, et de la révolution de 1789, pour soumettre l’enseignement aux lois du marché et du profit des entreprises,

Nous, enseignants, parents, travailleurs, citoyens

affirmons que l’école doit reposer sur les principes  suivants :

L’Etat doit garantir le droit égal à l’instruction, partout, à tous les enfants de tous les citoyens. Pour cela l’état a en charge l’éducation  qui doit demeurer nationale. Les projets éducatifs locaux  qui éclatent  l’école en une multitude de projets territoriaux doivent cesser. Le statut de fonctionnaire d’état des enseignants  qui garantit l’égal accès pour tous à l’instruction (diplômes nationaux, programme nationaux, concours nationaux …) doit être défendu.

Une école qui instruise

Elle doit reposer sur un enseignement structuré en disciplines, dispensant un enseignement basé sur des programmes nationaux, aboutissant à la délivrance de diplômes nationaux, reconnus sur tout le territoire et dans les conventions collectives  et les statuts. L’école du savoir s’oppose à l’école de la coéducation qui mêle enseignement scolaire et «  animation » permettant l’intrusion dans l’école de toutes les associations y compris religieuses, groupes de pression politique et lobbies de toute nature, au mépris de la laïcité. L’école doit donner des droits, elle  s’oppose à la dérèglementation et à la déqualification. L’école doit permettre une réelle intégration des enfants handicapés avec des structures spécialisées et des maîtres spécialisés.

Une école laïque

C’est à cette condition qu’elle permet d’instruire les futurs citoyens et  de leur  faire acquérir pleinement  la liberté de réfléchir et la liberté de penser. Elle s’oppose à l’enseignement des religions, à l’enseignement d’une morale, à l’enseignement de « valeurs », ce  qui ne serait qu’un formatage des esprits. Elle nécessite de réserver les fonds publics à la seule école publique.

C’est dans un même objectif que le gouvernement détruit l’école qui instruit  et délivre de diplômes  nationaux et qu’il dynamite le code du travail qui protège les travailleurs : livrer la classe ouvrière et la jeunesse à l’exploitation capitaliste.

La défense de l’école nécessite que ce gouvernement au service de l’union européenne et du patronat soit défait. Elle nécessite d’en finir avec les institutions antidémocratiques de la Vème République qui tournent le dos à ces exigences.

Nous bannissons le mot inéluctable : une loi se vote  et une loi s’abroge !

Il faudra bien que soient prises les mesures d’urgence de sauvegarde des intérêts de la classe ouvrière et de toute la population,  en particulier les premières mesures immédiates pour reconquérir l’école publique et laïque, et abroger dans un même mouvement :

La loi de refondation de l’école, les réformes des rythmes scolaires, du collège et la réforme Chatel du lycée, la loi Montchamp de 2005, les lois anti laïques et toutes les lois de destruction de l’école de la Ve république !

*****